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Olivier Leflaive Frères ou l’Art de « faire aimer la Bourgogne, les Bourgognes et le Bourguignons »

C’est dans l’ambiance cosy du grand salon de sa maison d’hôtes à Puligny-Montrachet qu’Olivier Leflaive, son inséparable feutre marron vissé sur la tête, nous a expliqué pourquoi il a créer en 1985 avec son frère Patrick et son oncle Vincent la société d’élevage et de vinification Olivier Leflaive Frères.

 

Passionné par la musique folk, le jeune diplômé en économie qu’il était en 1972 a mené pendant dix une vie de bohème à Paris. Côtoyant Alan Stivell, Maxime le forestier, Yves Simon et Greame Allwright, il a organisé des concerts, allant d’émissions radio en plateaux télé. « Cela ne m’empêchera pas de créer en Bourgogne un club de vin qui m’ouvrira l’esprit et les papilles gustatives en me faisant découvrir d’autres vins que le Puligny-Montrachet.

L’appel du domaine

Au décès de son père en 1982, il rejoint le domaine familial qu’il co-dirige avec son oncle Vincent puis sa cousine Anne-Claude. Mais il s’ennuie et crée en 1985 avec  son oncle et son frère l’affaire Olivier Leflaive Frères dont l’objet est la vinification et l’élevage des appellations bourguignonnes. « J’achète des raisins et propose aux clients de me commander le vin en le payant à l’avance, ce qui me permet de décrocher contrats avec des viticulteurs ». Grâce aux bénéfices réalisés et à trois groupements fonciers agricoles qu’il a montés se constitue petit à petit un domaine de 15 Hectares. « Si ce n’est pas très juteux financièrement, le bénéfice n’étant que de 5% alors qu’il est de 40% pour un domaine familial, c’est très amusant du point de vue de ma passion du vin d’avoir 92 appellations en cave. »

Investir en permanence

Olivier Leflaive a aujourd’hui amorti ses installations mais dans le vin il faut investir en permanence. « Acheter 300 fputs de chêne par ans, renouveller la chaine d’embouteillage, sans oublier le budget climatisation et chauffage des caves qui ne peuvent êtres enterrées à Puligny ou le prix du raisin qui a doublé en 5 ans. » A cela s’ajoute la vendange de 35 hectares, les quinze du domaine et vingt de vignerons ne voulant plus s’en occuper. « Entre les vendangeurs, les gens en cave, les chauffeurs des vingts camions que je loue et la surveillance des vendangeurs, on a 120 personnes qu’il faut loger et nourrir pendant 15 jours.

L’ambition oenotouristique

« Faire aimer la Bourgogne, les Bourgognes et les Bourguignons qui ne sont pas les gens les plus aimés de la terre », c’est ce qui a animé Olivier Leflaive lors de la création de son hôtel-restaurant. « Avec une équipe qui organise les séjours de A à Z, j’ai voulu aller au delà des dégustations dans les caveaux en proposant aux visiteurs de goûter mes vins et ceux de mes confrères, de parcourir mes vignes, mais aussi de déjeuner, dîner et dormir chez moi ». Un gros investissement financier et personnel pour celui qui a aujourd’hui un rôle de « Public-Relations » et vient avec son frère trois fois par jour à la rencontre des clients de « La Maison d’Olivier Leflaive ». Et même si il ne gagne pas d’argent avec les repas et si l’hôtel souffre pendant les mois creux, l’essentiel reste, pour celui qui regrette de ne pas être assez imité, de partager avec les clients du monde entier son amour pour la Bourgogne et ses vins.

Vin Bourgogne

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